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Tribune libre – Philippe Navarro & les petits producteurs

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Le 10 avril 2020
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Granvillage offre un espace de parole à tous les acteurs du monde agricole, producteurs ou consommateurs.

« Je parle des vrais producteurs, ceux dont le métier est de produire »

Philippe Navarro

« Je suis à 200% pour aider les petits producteurs. C’est mon métier depuis plus de 30 ans : ne vendre que les produits, fruits et légumes, français et de saison.

Mais le confinement et la fermeture des marchés de plein vent vont leur enlever la grosse partie des produits que nous leur achetons au prix juste et payons de suite.

Les marchés de gros vendent un peu en dessous du cours normal, mais dans les seuls magasins autorisés à la vente on peut voir des prix supérieurs à la normale, c’est abusé mais les prix sont libres, on ne peut rien dire si ce n’est le faire remarquer.

Quant au petit producteur de fraises qui amène 10 plateaux de fraises au supermarché du coin tous les jours, quand il va lui en amener, faute d’acheteurs, 50 ou plus à écouler tous les jours, vous croyez vraiment que le magasin va lui payer ne serait-ce que le prix de revient ? Il ne faut pas rêver. Les marchés de plein vent, c’est plus de 38 500 entreprises (chiffre 2018), dont 35% qui vendent des fruits et légumes. Si les préfectures ne rétablissent leur ouverture, c’est la catastrophe assurée pour le petit commerce de marché et la petite production.

De plus, en supermarchés vous n’avez que rarement des produits de culture raisonnée ou de lutte intégrée. La raison : les produits de pleine terre, notamment les fraises sont plus fragiles et ont un prix de revient supérieur. Ils sont donc plus difficiles à vendre, bien que plus sains (moins de traitements et d’engrais chimiques).

Bon, là je sais que je me suis mis à dos les producteurs en hors sol mais j’assume.

On critique tout le temps les produits espagnols, mais en France c’est pareil aujourd’hui. Un jour, nous aurons un autre gros problème de santé aussi grave que celui du moment, on finira par revenir au traditionnel.

Pour finir je reviens au chiffre de 38 500 commerçants de plein vent à 2 tonnes par semaine chacun :

6 jours de boulot à plus ou moins 300 kg soit 30 ou 40 colis par jour), soit 77 000 tonnes, soit presque 300 000 tonnes de fruits et légumes par mois, qui sont vendues en plus du volume habituel, uniquement dans les magasins autorisés.

Je n’imagine même pas les primes de fin d’année et les dividendes … mais c’est un autre sujet, il ne faut pas être jaloux de ce qui gagnent de l’argent, dans des conditions normales évidemment.

J’ai exprimé mon ressentiment, et d’ailleurs surement celui de tous les gens qui travaillent comme moi. Ces derniers jours, j’ai eu pas mal de producteurs au téléphone, pour beaucoup c’est la catastrophe. Je parle des vrais producteurs, ceux dont le métier est de produire et non pas de faire du commerce de détail. Beaucoup m’ont dit qu’ils vont laisser pourrir la marchandise plutôt que de se saigner en travaillant à perte.

Salutations »

Philippe Navarro

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