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granvillage en reportage – Florence et Franck à la Laiterie du Mont Aiguille

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Le 11 janvier 2022
granvillage en reportage à la Laiterie du Mont Aiguille En savoir plus
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Après deux décennies dans les assurances, Florence décide de tout lâcher pour reprendre une laiterie avec Franck, son mari. Cette petite idée, qui a germé jusqu’à devenir réelle, est née de l’envie de vivre une aventure de couple, de se rapprocher de la nature et de faire quelque chose qui a du sens. Direction la Laiterie du Mont Aiguille, à Clelles dans le Trièves, pour la troisième saison de granvillage en reportage.

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Florence, Franck et leur nouveau départ à la Laiterie du Mont Aiguille


Parfois, dans la vie, on a besoin de recommencer à zéro, ou presque, pour se retrouver, pour faire place aux changements, pour un nouveau départ à deux.

« On a une histoire un peu atypique avec Franck : on a racheté une laiterie il y a deux ans, en juillet 2019. On souhaitait partager un projet de couple depuis quelque temps, quelque chose qui nous rapprocherait l’un de l’autre, mais aussi plus en phase avec les valeurs qui nous animent: bien vivre, bien manger, valoriser le local. Nous savions ce dont nous avions envie, sans avoir d’idée concrète encore. Par un jeu de rencontre, nous avons rencontré une personne qui cédait sa laiterie. En venant ici, coup de foudre. Pour le lieu, pour le vendeur, pour la laiterie, pour l’équipe. Carton plein, comme on dit ! Alors voilà, après 22 ans dans le domaine des assurances, j’ai tout quitté pour un milieu dont je ne savais rien. Franck, qui occupe des fonctions dans le patronat à Lyon a conservé son activité. Mais il travaille aussi pour la laiterie. Il gère, entre autres, les relations avec les producteurs, contribue à la stratégie, et moi je dirige l’entreprise sur le plan opérationnel. »

Lorsqu’ils ont repris la laiterie, Florence et Franck ont souhaité rester fidèles aux valeurs qui les ont animés dès le début de ce projet : faire le lien avec le territoire et avec ses acteurs.

« Nous collectons quatre types de lait : vache, vache bio, brebis et chèvre. Nous les transformons en fromages, yaourts, faisselles et desserts lactés que nous distribuons ici, dans les grandes surfaces de proximité ou encore les écoles. Notre terrain de jeu s’étend globalement de l’Isère aux deux Savoie.
C’était important pour nous de travailler avec les cuisines centrales, pour fournir les écoles, les collèges et les lycées, en produits de qualité pour les repas des enfants. La restauration scolaire consacre, dans le meilleur des cas, 1,90€ par repas pour nourrir un collégien. Mais le bien-manger est un enjeu primordial. »

Pour Florence et Franck le bien-manger passe aussi par le bien-être de l’éleveur et de ses animaux. Lorsqu’ils ont repris la laiterie, ils se sont engagés auprès de leurs producteurs pour leur assurer des conditions de travail stables, saines et pérennes.

« Nous sommes en zone montagneuse. La collecte de lait coûte plus cher et certains gros acteurs se retirent de ces territoires, car peu rentables pour eux.
Nous ne nous en plaignons pas, au contraire. Ils nous laissent l’espace nécessaire pour nous développer. Cela nous a permis de contractualiser avec de nouveaux producteurs. C’est un enjeu économique, un enjeu citoyen, mais aussi de territoire et de politique de maintien de l’agriculture dans ces zones-là : nous en avons fait notre « raison d’être ». Sans tous ces petits producteurs, demain il n’y aura plus que des fermes à 1000 vaches ou le camembert ne sera même plus fait avec des laits français.
Ce n’est pas une critique, car il faut de tout, mais à chacun ses marchés.
Nous, nous ne souhaitons pas exporter. Nous savons que nous pouvons faire de notre laiterie un objet de réhabilitation des producteurs.
Je suis fils d’agriculteur, et j’en ai vu des producteurs souffrir. J’ai vu mon père arrêter sa ferme quand la crise de la vache folle a frappé. J’ai vu des gens qui n’avaient même pas de quoi vivre dignement du fruit de leur travail. En France, un tiers des agriculteurs touche moins de 350 euros par mois.
On veut se dire qu’on peut changer les choses à notre échelle. Nous nous inscrivons dans la durée avec nos producteurs. Nous nous engageons à prendre leur lait pendant cinq ans. Cela a permis à certains de se maintenir à flots durant la crise du covid. Nous nous sommes également engagés à revaloriser le prix du lait. Ils sont aussi rémunérés en fonction de la qualité du lait qu’ils fournissent. Ils peuvent avoir des bonus selon la richesse de leur lait, l’apport en protéines, le taux de matière grasse… cela passe par une bonne alimentation des animaux, un accès à une bonne herbe de montagne. C’est important pour nous. Nous imposons le bien-être animal dans le contrat. Nous ne voulons pas de vaches qui passent leur temps dans des robots de traite. Ce n’est pas notre vision de l’élevage. Derrière un yaourt, il y a un éleveur qui travaille, qui nous offre ce terroir, ces paysages, ces ressources. »

paysage france

Au fil du temps, le couple a pris le pli. Et le développement est au rendez-vous.

«Nous avons de nouveaux enjeux aujourd’hui. Nous souhaitons développer raisonnablement, mais aussi moderniser l’outil de production pour pouvoir maîtriser notre croissance. 
Aujourd’hui, des producteurs de régions plus éloignées viennent nous voir pour nous demander d’acheter leur lait. Mais nous ne voulons pas nous étendre davantage. Notre but, c’est de rester concentrés sur une agriculture de proximité. Nous aimons le lien que nous entretenons avec nos clients, avec ceux qui viennent ici, tout comme avec nos clients professionnels. »


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équipe

Photos : Gaëtan Clément

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