AccueilBlogActualitésFaim dans le monde : agriculture paysanne VS agrobusiness

Faim dans le monde : agriculture paysanne VS agrobusiness

Dans la catégorie Actualités
-
Le 13 juin 2020
Comprendre les origines de la crise alimentaire En savoir plus
faim dans le monde

Alors que le monde peine à se remettre de la pandémie causée par un coronavirus, l’ombre d’une grave crise alimentaire commence déjà à se profiler. Des dizaines de millions de personnes pourraient à leur tour être victimes d’insécurité alimentaire. Quelles sont les causes de la famine ? Quelles sont les solutions pour supprimer la menace sur le long terme ? Granvillage décrypte.

L’insécurité alimentaire, un fléau mondial

L’ONU a fait un constat simple : la faim dans le monde touche tous les continents et ne cesse de s’étendre année après année. Dans un rapport publié en 2019, l’organisation a partagé des chiffres inquiétants :

  • Dans le monde, 1 personne sur 9 est sous-alimentée. Cela représente 821,6 millions d’individus
  • 700 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire
  • 1,3 milliard de personnes souffrent d’insécurité alimentaire modérée
  • 45% des décès chez les enfants âgés de moins de 5 ans sont dus à la malnutrition
  • 1 enfant sur 4 souffre d’un retard de croissance dû à la malnutrition
  • 66 millions d’enfants ont faim lorsqu’ils sont à l’école

Au total, cela représente plus de 2 milliards de personnes, soit 26% de la population mondiale, qui subissent la famine ou la malnutrition.



FOCUS – L’insécurité alimentaire

Lorsqu’une personne n’a pas un accès régulier à une quantité suffisante d’aliments sains et nutritifs. Elle peut être due à l’indisponibilité de nourriture ou au manque de ressources pour s ‘en procurer. L’organisation distingue trois niveaux d’insécurité alimentaire : légère, modérée et grave.

insécurité alimentaire

Agrobusiness & réchauffement climatique, un duo fatal


Malgré la surabondance de certains produits, le nombre de personnes malnutries ne cesse d’augmenter. D’un côté, certaines denrées sont produites en surabondance, ne trouvent pas d’acheteurs et finissent par pourrir et de l’autre, certaines personnes souffrent de la faim.  Le problème ne vient donc pas d’un déficit de production, mais d’une répartition alimentaire inégale.


Dans de nombreux pays en développement, les gouvernements préfèrent soutenir les grandes industries agroalimentaires au détriment de l’agriculture paysanne. Cette rencontre entre mondialisation, agriculture et production alimentaire s’appelle l’agrobusiness. Ce modèle économique est poussé par les hauts rendements. Là où les petits producteurs pratiquent une agriculture vivrière, l’agrobusiness se livre à une production intensive pour générer du profit.


Les géants industriels imposent un modèle à des agriculteurs ruraux incapables de s’y plier. Pour arriver à leurs fins, et qu’importe si certains ont faim, les multinationales font pression de différentes façons. Elles peuvent par exemple privatiser les ressources en s’octroyant des droits de propriété sur les semences. Pour semer leurs champs, les agriculteurs sont obligés de verser des royalties. La pauvreté engendrée par ces pratiques ne permet pas aux paysans d’investir afin de rendre leurs exploitations pérennes. David contre ces Goliath industriels, ils ne peuvent faire face. Pourtant, 40% de la population mondiale a des revenus qui dépendent de l’agriculture et l’agriculture paysanne et familiale représente un véritable enjeu dans la sécurisation alimentaire au niveau mondial. Car à eux seuls, les petits producteurs satisfont 70% des besoins alimentaires mondiaux.

agriculture paysanne


D’autres facteurs précarisent les populations des pays en développement et les exposent toujours plus à l’insécurité alimentaire. Les conflits armés détruisent l’environnement et les cultures et entrainent une perte de la main d’œuvre.


Le réchauffement climatique renforce lui aussi l’insécurité alimentaire. La variabilité climatique affecte les saisons agricoles. Les événements climatiques extrêmes, comme les sécheresses ou les inondations, compromettent les productions. Les aliments perdent en qualité, l’eau se fait rare et les risques de famine et de maladies sont accrus. La spirale infernale est alors en place : la faim empêche le développement économique et l’absence de développement économique empêche la production alimentaire.



L’agriculture paysanne sauvera le monde

Selon la FAO, pratiquer une agriculture durable et familiale à l’échelle mondiale permettrait de sécuriser et stabiliser les disponibilités alimentaires. L’organisation fait des petits agriculteurs les gardiens des ressources alimentaires.

La lutte contre la faim dans le monde repose sur plusieurs piliers.

Économique : investir dans les petites exploitations pour permettre aux producteurs d’augmenter leur production et fournir à la fois les marchés locaux et mondiaux.

Environnemental : préserver la biodiversité agricole pour produire des aliments plus nutritifs et créer des systèmes agricoles durables.

Sociétal : promouvoir l’égalité dans les pays en développement. Si les femmes avaient le même accès que les hommes à l’éducation, aux terres, à la technologie, alors le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire pourrait être réduit de 150 millions.



Qu’est-ce que la FAO ?
LA FAO (en anglais Food and Agriculture Organization of the United Nations / en français : L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) est une organisation spécialisée des Nations Unies (ONU). Son action repose sur 5 piliers :
– Lutter contre la malnutrition
– Développer une agriculture durable
– Réduire la pauvreté rurale
– Soutenir les agriculteurs
– renforcer les communautés en temps de crise

Son objectif est aussi sa devise : « Aider à construire un monde libéré de la faim ».


Pour lutter contre la faim dans le monde, nous avons tous notre rôle à jouer. On peut consommer local, par exemple, pour ne pas soutenir les géants industriels qui font pression pour les petits producteurs. On peut aussi tenter, à son niveau, de lutter contre le réchauffement climatique en adoptant des gestes simples au quotidien. La faim dans le monde est l’affaire de tous.


Cet article vous fait réagir ? Parlons-en en commentaire ou sur Facebook & Instagram.


Cet article vous a plu ? Découvrez les dernières publications !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *En laissant un commentaire vous acceptez de laisser votre nom/ pseudo pour affichage sur le site et votre adresse mail pour pouvoir vous contacter à propos de votre commentaire uniquement si besoin. Nous partageons les données à Akismet pour la protection contre le spam des commentaires. Découvrez comment sont traitées les données de vos commentaires.