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Demain, tous végétariens ? Vrai / Faux sur le végétarisme

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Le 15 avril 2020
Régimes végétariens : Vrai / Faux En savoir plus
végétariens

Jamais la question animale n’a autant divisé. Acteurs de la filière viande et défenseurs de la cause s’affrontent à coups de vidéos choc et communiqués sanglants. De même côté consommateurs. Sur les réseaux sociaux, végétariens et carnistes s’affrontent sans merci. Cette guerre existe-t-elle vraiment ? Sommes-nous forcés de prendre parti ? Demain, serons-nous tous végétariens ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir (dans le respect et la bienveillance) à travers ce dossier.

Végé, qu’est-ce que c’est ?

Il y a encore quelques décennies, les végétariens étaient considérés (dans les pays occidentaux) comme de doux idéalistes un peu excentriques. Aujourd’hui, ils sont plusieurs dizaines de millions à travers le monde et leur poids est tel qu’il a bouleversé l’industrie agroalimentaire ces dernières années.


Végétarien = végan : Faux 

Un peu d’étymologie pour commencer. Le mot « végétarien » vient de l’anglais « vegetarian » qui vient lui-même du mot latin « vegetus » qui signifie « sain, frais et vivant ». Il fit sa première apparition en 1847 et s’installa année après année dans le langage courant.
Depuis, le mot a entraîné de nombreux dérivés : végan, végétalien, pesco-végétarien, ovo-végétarien, lacto-végétarien… correspondant aux différents régimes alimentaires qui excluent la chair animale. C’est parti pour un rapide tour d’horizon :

  • Végétarien : ne consomme pas de chair animale.
  • Végétalien : ne consomme pas de produits alimentaires d’origine animale (produits laitiers, œufs, viande, poisson, miel…).
  • Végan : ne consomme pas de produits issus de l’exploitation animale (produits alimentaires, cuir, cire d’abeille, cosmétiques testés sur les animaux…). Plus qu’un simple régime, le véganisme est un mode de vie.
  • Ovo & lacto végétarien : ne mange pas de viande mais consomme des œufs et/ou des produits laitiers
  • Pesco-végétarien : ne mange pas de viande mais consomme poissons et fruits de mer.

Récemment, une nouvelle catégorie a fait son apparition : les flexitariens. Moins restrictive, elle concerne simplement les individus qui font le choix de consommer de la viande avec éthique et modération et pour répondre à l’urgence écologique et aux problématiques de maltraitance animales. Et si vous commenciez avec le défi 21 de notre année pour tout changer ?


Le végétarisme est un effet de mode : Faux

Vous êtes prêt(e) ? Nous allons faire un grand bond dans l’Histoire.
Depuis des millénaires déjà, l’hindouisme prônait la préservation de toute vie animale.
On retrouve également des traces de régimes végétariens dans l’Antiquité. D’ailleurs, Pythagore, mathématicien et philosophe grec, suivait lui-même un régime végétarien. Sensibilisés à la cause animale, ses disciples et lui refusaient de manger de la chair animale ou de porter de la laine. Déjà, des dissensions apparaissaient. Alors que Cicéron appliquait les principes du stoïcisme et croyait à la supériorité de la nature humaine, Plutarque nuançait et invitait à manger la viande par besoin et non par sensualité.
Des siècles plus tard, les philosophes des Lumières s’emparent de la question et là encore, les avis divisent. Voltaire écrira d’ailleurs :

« Tu découvres dans lui [l’animal] tous les mêmes organes de sentiment qui sont dans toi. Réponds-moi, machiniste, la nature a-t-elle arrangé tous les ressorts du sentiment dans cet animal afin qu’il ne sente pas ? A-t-il des nerfs pour rester impassible ?»

Darwin, Lamartine, Yourcenar et même Einstein prennent également part au débat.
Au fil des années, le végétarisme a connu des hauts et des bas, tantôt sous le feu des projecteurs, tantôt décrié.
L’état d’urgence écologique a entrainé une prise de conscience globale et la remise en cause des habitudes alimentaires, faisant la part belle au végétarisme. Pour lutter contre la maltraitance animale, pour des raisons de santé, par peur des scandales sanitaires, les végétariens sont plus nombreux aujourd’hui et les industriels suivent le pas. En 2018, les marchés végan et végétariens ont connu une hausse de 24% (selon une étude réalisée par l’institut Xerfi). Les produits végétariens sont donc plus présents dans les rayons et les quotidiens.


Les régimes végétariens sont bons pour la santé : Vrai, mais…

Longtemps, les régimes végétariens ont été soupçonnés d’être la cause de carences. On leur reprochait de ne pas combler les besoins nutritifs, notamment à cause de l’absence de protéines animales. Or, une alimentation variée et équilibrée permet d’éviter ces carences.  
Les protéines sont constituées de petites molécules appelées acides aminés. Parmi eux, huit sont indispensables au corps humain. Les protéines animales renferment l’ensemble des acides aminés nécessaires. La cystéine et la méthionine sont absentes des légumineuses et la lysine ne se trouve pas dans les céréales. Céréales et légumineuses sont donc complémentaires pour avoir la totalité des acides aminés nécessaires. L’apport en oméga-3 peut lui se faire grâce à la consommation d’huiles végétales ou de fruits à coque.
Le zinc et la vitamine B12 restent les grands absents des régimes végétariens.
En résumé, le végétarisme ne comporte pas plus de risques qu’un régime carné si l’alimentation est suffisamment diversifiée.
D’ailleurs, des recherches ont récemment prouvé que les gladiateurs, ces combattants tout en muscles de la Rome antique avaient, pour la plupart, une alimentation végétarienne. Autant vous dire que ces derniers ne manquaient pas de force.


Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut arrêter de manger de la viande : Faux

Dans un rapport de 2019, le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat) affirmait que 23% des émissions de CO2 sont dues à l’agriculture et l’élevage serait plus pollueur que les autres cultures. Ainsi, produire 1 kg de bœuf engendrerait 25 kg de CO2.
Cependant, si le GIEC recommande des régimes alimentaires reposant sur des produits végétaux, il ne préconise pas un régime exclusivement végétarien pour autant. En effet, le rapport des experts est bien plus nuancé : il est recommandé de consommer des aliments d’origine animale provenant d’élevages durables, résilients et à faibles émissions de CO2.


Les substituts végétariens polluent : Vrai

L’élevage est souvent montré du doigt comme le méchant pollueur, mais certains produits végétaux ne sont pas en reste. Bien plus fourbes puisque sans impact écologique dans l’imaginaire populaire, les produits végétariens ont leur part de responsabilité écologique.
Une étude commandée par WWF indiquait que dans certains cas, les produits végétaux, comme le soja importé, pouvaient nécessiter plus de terres cultivables que des terres consacrées à l’élevage. Idem pour les noix ou haricots produits sous serre, qui pourraient avoir une empreinte plus conséquente que le poulet.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un régime végétarien ne permet pas de se dédouaner de toute considération écologique. Là encore, il faut consommer responsable, ce qui signifie être conscient(e) de ce que l’on achète, des méthodes de production et de l’impact du produit.

champ soja

Les plats végétariens sont des plats de régime : Faux  

On pourrait penser que les plats végétariens sont tristes et fades avec des légumes qui baignent piteusement dans l’assiette. Détrompez-vous ! Pour preuve, les nombreuses recettes végétariennes conçues par nos chefs.
La cuisine végétarienne invite à faire preuve d’imagination pour bien manger et se régaler. Légumes oubliés, céréales inconnues, herbes aromatiques, épices mystérieuses, modes de cuisson originaux, un seul mot d’ordre : se faire plaisir !


Verdict : demain tous végé ?

Que les bons viandards se rassurent, l’heure n’est ni aux injonctions, ni aux interdictions. C’est à chacun, en son âme et conscience, de choisir ce qu’il souhaite consommer et comment le consommer. Mais quitte à être carnivore, pourquoi ne pas l’être de façon éthique ?

Plutôt que de consommer de la viande de médiocre qualité à chaque repas, consommons-la de manière raisonnée et plus occasionnelle. On préfère la viande des petits producteurs plutôt que celle produite par les grands industriels. Les conditions de production de la viande bon marché sont bien souvent déplorables. Les bêtes sont entassées, parfois maltraitées, ne voient pas la lumière naturelle et sont gavées d’antibiotiques.

Consommer de la viande élevée, abattue et vendue localement, c’est respecter la planète, sa santé et l’économie locale : les élevages sont de petite ou moyenne taille et permettent à l’éleveur de prendre soin de ses bêtes. Les animaux ont les espaces extérieurs nécessaires à leur bien-être. Les abattoirs sont choisis avec soin pour éviter la maltraitance animale. La viande est fraîche et n’a pas fait des milliers de kilomètres à travers l’Union Européenne pour arriver dans nos assiettes. Et enfin, le prix est juste pour les consommateurs comme pour les éleveurs qui ne souffrent plus des marges imposées par la grande distribution.

Notre conseil : lorsque vous consommez de la viande, prenez le temps de la cuisiner, de préparer de bons petits plats pour la savourer. Ainsi, même si elle se fait plus rare dans vos assiettes, les repas carnés se transformeront en de petits instants d’exception.  

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