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Coronavirus – Le grand retour des circuits courts

Dans les catégories Actualités, Consommer responsable
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Le 05 mai 2020
Les circuits courts, remparts face à la crise En savoir plus
circuits courts

Alors que l’épidémie de covid-19 sévit, quelques graines d’espoir semblent germer. L’agriculture française, constamment dénigrée, a semblé retrouver ses lettres de noblesse avec la crise sanitaire. Les circuits courts ont court-circuité la consommation, faisant passer les supermarchés et grands magasins pour les figures d’une économie dépassée.

On accourt vers les circuits courts

Par crainte d’être contaminés, en soutien aux producteurs ou par souci de praticité kilométrique, les Français ont été nombreux à se tourner vers les circuits courts lors de la crise sanitaire provoquée par le covid-19. Comment l’expliquer ? Cet élan durera-t-il ? Quels seront les défis futurs ?

Qu’est-ce que les circuits courts ?

Les circuits courts reposent sur deux critères : la proximité géographique et le nombre d’intermédiaires.
Le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation définit les circuits courts ainsi :

« un circuit court est un mode de commercialisation des produits agricoles qui s’exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte, à condition qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire ».

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• Consommation responsable • 71% des français préfèrent acheter des produits locaux mais seulement 6 à 7% des achats se font en circuits courts. 👨‍🌾🧑‍🌾 Mais qu’est ce que sont les circuits courts exactement ? 🧐 C’est avant tout le fait de supprimer les différents intermédiaires entre producteurs et consommateurs pour une consommation plus respectueuse de l’Homme et de la planète 🌍 On vous explique tout dans notre petite vidéo ⬇️ Et vous, les circuits courts vous en pensez quoi ? #circuitcourt #agriculture #agriculteurs #agirpourlaplanete #onestpret #consommerautrement #transitionecologique #ecologie #consommerlocal #consommermieux #developpementdurable #granvillage

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Loin d’être un effet de mode, les circuits courts étaient la norme jusque dans les années 70 qui ont marqué le début de l’hyperconsommation. Les grandes surfaces se sont alors imposées en temple de l’acquisition. Les crises alimentaires successives (vache folle, grippe aviaire, e-coli, œufs contaminés…) ont entaché leur réputation, provoquant un retour progressif à une alimentation locale.
On retrouve donc les circuits courts en vente directe (à la ferme, sur les marchés, AMAP) ou en vente indirecte (points de vente collectifs, épicerie, paniers composés).


La consommation à l’épreuve du covid-19

Lorsque la crise sanitaire due au covid-19 a frappé la France, les Français se sont de nouveau tournés vers les circuits courts. Digitalisation aidant, cette fois, c’est en masse que le retour au local s’est fait.
Chez les petits producteurs, l’inquiétude des premiers temps a laissé place à l’optimisme et l’espoir d’une consommation nouvelle. Alors que beaucoup pensaient devoir jeter leur production, c’est l’effet inverse qui s’est produit : les gens ont délaissé les supermarchés pour se tourner vers les producteurs près de chez eux, les enjoignant à produire plus.
Gaël, éleveur de chèvre et producteur de fromage le confirme :

gael teissier
Gaël Teissier, producteur en circuit court

« Aussi surprenant que cela puisse paraître, avec le confinement les gens consomment différemment.
Par exemple, je n’ai jamais autant vendu de yaourts et crèmes desserts. Depuis le début du confinement, chaque semaine nous fabriquons l’équivalent d’un mois de production en période normale. Les gens sont chez eux, avec leurs enfants et il faut nourrir tout le monde. Il n’y a plus de cantine, plus de restaurants et tous les repas se font à la maison. Beaucoup ont redécouvert certains produits en fréquentant à nouveau les petits marchés de producteurs. J’ai été assez surpris ! »

Alors que les rayons des grandes surfaces se vidaient désespérément, les petits producteurs avaient de quoi remplir les paniers des familles. Parce que leur main d’œuvre est souvent familiale et locale, ils ont pu continuer à produire malgré les restrictions.
Si la demande était là, il a tout de même fallu s’adapter. Aussi, ceux dont on a l’habitude de moquer le manque de digitalisation ont su réinventer leurs circuits de distribution du jour au lendemain. Les uns ont mis en place des drives fermiers ou des zones de collecte mutualisées, les autres se sont mis au click and collect sur l’exploitation et certains ont assuré la prise de commande via leurs réseaux sociaux et proposé la livraison, avec parfois le soutien de certaines chambres d’agriculture, des collectivités locales ou des associations. Parce que les circuits courts, c’est aussi ça : la simplicité et l’adaptation. Débarrassés des intermédiaires et des sinueux cheminements administratifs, les petits producteurs ont la liberté de prendre leurs propres décisions et de réagir plutôt que subir.

Bonjour, notre liste de produit est disponible sur…

Publiée par Les jardins du Berlioz sur Dimanche 5 avril 2020


Chez les consommateurs, ce regain s’explique par plusieurs facteurs :
Fermeture des cantines et restaurants oblige, tous les repas sont pris au sein du foyer, avec l’ensemble des habitants. On mange plus alors on achète plus.
Comme lors de chaque crise, les consommateurs cherchent à se rassurer et font la part belle à la qualité et la traçabilité.
Consommer local permet de réduire radicalement le nombre d’intermédiaires, de connaître les conditions de production, d’en savoir plus sur la provenance et de gagner en sécurité.
Alors que la mondialisation semblait avoir gommé le lien social qui unissait celui qui produit à celui qui se nourrit, le covid-19 les aurait rapprochés malgré les gestes barrières. Les frontières se fermaient, la France se repliait sur elle-même mais ses habitants réapprenaient à échanger. Les initiatives pour soutenir l’économie locale ont fleuri aux quatre coins de l’hexagone et le mouvement était lancé : sauvons notre agriculture, consommons local !
Révélation donc, l’économie locale n’est pas nécessaire, elle est indispensable.


Les circuits courts et le monde d’après

Le monde paysan le sait, on ne peut pas deviner les lendemains. Si les Français sont mobilisés aujourd’hui auprès de leurs producteurs, le resteront-ils demain ? La France déconfinée acceptera-t-elle de relocaliser son agriculture ? La digitalisation forcée subie par le monde paysan saura-t-elle faire face à l’après ?
La seule certitude que nous avons aujourd’hui, c’est que tous ces changements se feront ensemble. Coûte que coûte, il nous faudra aller plus loin que la solidarité de l’instant T. Une fois la crise passée, restons proches de nos agriculteurs pour favoriser l’économie de proximité et les productions locales.


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© Photos : Jérôme Poulalier
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