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Chiens de conduite de troupeaux : des alliés au service des éleveurs

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Le 15 octobre 2021
Rencontre avec Antoine Brimbœuf, formateur en dressage de chiens de conduite. En savoir plus
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Le chien est peut-être le meilleur ami de l’Homme, mais aussi le plus fidèle allié de l’éleveur. Il est précieux pour protéger ou manipuler les troupeaux. Nous avons rencontré Antoine Brimbœuf, éleveur et formateur en dressage de chiens de conduite des troupeaux pour l’IDELE.


Antoine Brimbœuf, dresseur de chiens de conduite répond à nos questions


Bonjour, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre activité ?


Bonjour, je m’appelle Antoine Brimbœuf. Je suis exploitant agricole en production ovine dans l’Indre et je travaille pour l’enseignement agricole avec une spécialité qui est portée sur le dressage et l’utilisation des chiens de conduite de troupeaux.
Je dresse des chiens pour mes besoins en tant qu’éleveur et j’accompagne les agriculteurs qui souhaitent également avoir un chien sur leur exploitation.
Les formations peuvent être organisées par les chambres d’agriculture ou les caisses de MSA. Elles se déroulent sur plusieurs cycles de trois à quatre journées. Il y a d’abord une phase d’initiation suivie d’une phase de perfectionnement. Chacune d’entre elles dure de six à huit mois.

antoine brimboeuf élevage


Pouvez-vous nous expliquer la différence entre un chien de conduite et un chien de protection ?


Ce sont effectivement deux chiens de troupeaux, mais ils ont des rôles bien différents.
Le chien de conduite aide les agriculteurs à conduire et manipuler les troupeaux pour regrouper des animaux dans une parcelle, déplacer un lot de bêtes ou encore trier et sortir d’un groupe des vaches ou des brebis. Son rôle fait appel à des aptitudes particulières. On s’orientera principalement sur un border collie, le plus répandu dans les fermes, mais on peut aussi choisir un berger de Beauce, de Crau, des Pyrénées ou Picard.
Les chiens de protection, quant à eux, sont des chiens qui vivent en permanence avec les cheptels pour prévenir les prédations. On pense souvent qu’ils sont là pour protéger uniquement des grands prédateurs, comme les loups ou les ours, mais ils sont aussi là pour défendre le troupeau des autres prédateurs comme les renards ou même les oiseaux. Ces chiens ne quittent jamais le troupeau.
Ces deux types de chiens sont conditionnés différemment. Il y a des techniques d’éducation ou de mise en place spécifiques à chaque utilisation, mais il y a aussi des aptitudes naturelles propres aux chiens.
Ce que l’on va leur demander est à l’opposé. Le chien de conduite développera davantage des instincts de prédation vis-à-vis du troupeau. S’il est intéressé par les animaux qu’il manipule, c’est parce que quelque part, il a envie d’en manger. Il a gardé des gènes de prédateur, mais il ne doit pas pour autant devenir un danger pour le troupeau. Son éducation et son dressage visent à transformer ces aptitudes en services pour l’éleveur. On va utiliser son instinct de chasseur, l’entraîner à encercler et rabattre les animaux vers son maitre, à avoir de l’autorité sur le troupeau, pour les border collie, à utiliser son regard (c’est ce que l’on appelle la fascination)



Quels types de troupeaux peuvent être manipulés par les chiens de conduite ?


Les chiens de conduite pourront manipuler tous les troupeaux ayant un minimum de grégarité. Historiquement, on appelait ces chiens les chiens de berger. Ils sont donc aptes à conduire les moutons. Mais ils peuvent aussi se montrer utiles sur les troupeaux bovins, caprins, porcins et même en élevage avicole.

chiens de conduite


Quels sont les bénéfices pour l’éleveur ?


Les bénéfices sont multiples. Le chien de conduite peut remplacer de nombreuses personnes, notamment dans le cadre des changements de parcelle où on a l’habitude de demander un coup de pouce aux voisins, membres de la famille ou salariés de l’exploitation.
Le chien court plus vite que le plus rapide de l’équipe ! C’est donc aussi plus économique.
En plus du gain d’efficacité, c’est aussi bien plus sécurisé. Au contact des bovins, le chien sert d’interface lors de la manipulation. C’est lui qui va au contact.
Évidemment, tous les éleveurs n’utilisent pas encore des chiens de conduite. Certains d’entre eux, en fonction de leurs installations et du degré de domestication du cheptel, réussissent à s’en passer. Mais je dois dire que je ne connais aucun éleveur qui en a utilisé pour ses troupeaux et qui le regrette. Quand on a eu un chien de conduite, on ne peut plus s’en passer. 



Comment bien accueillir et prendre soin d’un chien de conduite ?


Généralement, les chiens de conduite rejoignent l’exploitation aux alentours de deux mois. Lorsque l’on prend un chiot dans une portée, on va alors devoir se substituer à la mère. Le maître devient le référent. C’est la personne qui va le dresser, être avec lui au quotidien, qui va se charger de cette imprégnation. Il faut favoriser la relation chiot-éleveur, même si bien sur, le chien doit connaître tous les gens de la communauté de travail . Là encore, le dressage diffère du chien de protection qu’on ne laissera pas développer des relations avec les autres membres de la famille, simplement une connaissance réciproque, pour éviter les accidents.
Pour le chien de conduite, c’est toujours la personne qui dresse qui doit, dans un premier temps,  s’occuper de la promenade, des sorties, qui va lui donner à manger. Ce dernier point est important car, pour le chien, son référent est celui qui le nourrit. La relation chien-maître commence d’abord par la reconnaissance du ventre.
C’est également important de ne pas laisser le jeune chien en liberté sur la ferme. Cela peut être dangereux : le chien peut se blesser au contact d’animaux agressifs ou d’engins, il peut ingérer des substances néfastes s’il a accès au local phytosanitaire par exemple. Il faut donc lui imposer un cadre de vie strict.
Le chien doit être au contact des animaux qu’il manipule, mais il ne doit pas vivre avec eux ou les voir nécessairement tous les jours. Sinon, il perdra ses instincts et va développer une relation trop similaire à celle du chien de protection.

border collie chien de conduite


Quel est le budget nécessaire pour avoir un chien de conduite de troupeaux sur son exploitation ?

Un chiot vaut entre 400 et 600 euros.
Quant au coût de la formation, cela va dépendre du département. Certaines sont financées par VIVEA, le fonds de formation des agriculteurs. Il faut s’adresser à sa chambre d’agriculture, sa caisse MSA ou son EDE (établissement départemental de l’élevage).
L’association Française du border collie attribue une subvention aux agriculteurs qui prennent un chien de conduite avec un pedigree.
Mais plus que le coût, il faut investir un peu de temps pour s’occuper de son chien et se rendre aux journées de formation, si nécessaire.



Merci Antoine pour cette présentation. Avant que l’on se quitte avez-vous un dernier conseil à partager ?

Je ne connais pas d’éleveur qui a fait marche arrière. Si vous vous posez la question, demandez autour de vous. Il y aura forcément un voisin, un collègue qui a un chien de conduite. Allez les voir pour échanger, partager vos interrogations. Ce seront les meilleurs ambassadeurs !




Merci à l’IDELE pour les renseignements et la mise en relation.

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