Se passer de pesticides dans nos cultures, c'est possible grâce à la lutte biologique raisonnée !

La lutte biologique raisonnée, qu'est-ce que c'est ? Alors oui, manger BIO et raisonnablement renforcera peut-être vos performances de lutteur amateur, mais vous n'y êtes pas du tout ! Il s'agit plutôt d'un mode de culture qui a le vent en poupe et qui permet aux maraîchers de cultiver des fruits et légumes sans utiliser de pesticides pour défendre leurs cultures contre les insectes nuisibles. Alors, comment les adeptes de la lutte biologique raisonnée font-ils ?

En fait, le concept de ce mode de culture est plutôt simple et ne date pas d'hier. Pour lutter contre les insectes et autres parasites phytophages, qui se nourrissent dans leurs champs, les agriculteurs y introduisent les prédateurs spécifiques de ces insectes et champignons afin de les éliminer. Par exemple, en France, les premiers lâchers de coccinelles, connues pour être les prédateurs particuliers des pucerons, ont eu lieu en 1912 dans les Alpes-Maritimes !

La coccinelle, l'arme fatale pour chasser les pucerons

Il y a plusieurs exemples de lutte biologique raisonnée, mais concentrons-nous sur la "lutte par conservation" à travers l'exemple des pucerons et des coccinelles. Votre jardin est infesté par ces petites bêtes microscopiques et voraces et votre religion vous interdit d'utiliser des pesticides pour les chasser : vous allez donc favoriser l'installation des coccinelles dans votre potager. Il faut savoir en effet qu'une larve de coccinelle peut dévorer jusqu'à 200 pucerons chaque jour !

Pour inviter une colonie de coccinelle dans vos espaces verts, préparez leur un nid des plus douillets, et veillez à ce que ces petits insectes rouges à pois noirs y trouvent leurs plantes nourricières. En l'occurrence, l'achillée, l'anthémis, la centaurée, la bourrache, l'absinthe... des plantes que vous trouverez facilement en jardinerie afin de verdir et fleurir les rangs de votre potager.

Une fois que les coccinelles sont là et quelles ont de quoi manger, il leur faut un "toit" propice à leur nidation pour qu'elles puissent passer l'hiver au chaud : comme un tas d'herbes sèches, un fagot de bois, un pot en terre cuite rempli de feuilles mortes... que vous installerez à la lumière, à l'abri du vent et de la pluie. Ajoutons-y une météo favorable et un environnement assez bien préservé et vous devriez rapidement vous transformer en professionnel de la lutte biologique raisonnée.

Et comme il n'y a pas que les coccinelles dans la vie, du côté des prédateurs au nom savant on compte aussi les chrysopes (qui mangent des pucerons et des acariens phytophages), les insectes de la famille des anthocoridés (qu'on connait bien puisqu'il s'agit des punaises) et les syrphides (petites mouches), qui s'attaquent également aux nuisibles dans les cultures.

Enfin bref, la nature est un équilibre où chaque problème a sa solution, chaque insecte ravageur son prédateur particulier. Prodigieux ! Pour finir, saviez-vous que certaines plantes se rendent service ? Si vous les cultivez au sein de la même parcelle, elles interagissent et peuvent éloigner les nuisibles l'une au profit de l'autre. On appelle ça la "culture associée" et nous reviendrons au printemps vous donner d'autres conseils de jardinage !

En attendant, nous allons potasser le livre d'Olivier Bonvin, producteur granvillage installé dans le Rhône et qui a compilé dans un ouvrage une multitude de techniques pour entretenir vos potagers et jardins BIO sans jamais utiliser de produits chimiques. Bravo et merci à lui !


Olivier Bonvin, La Ferme de Mille Abeilles : profil granvillage

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